Au delà du burn-out : la dépression professionnelle 

Le jour où votre cerveau dit stop car vous avez refusé d’écouter les signaux envoyé par votre corps.

C’est incontrôlable, et ça vous arrive d’un coup sans maîtrise de vos émotions.Fichier 20-04-2016 23 28 34

Peu importe les signes et les symptômes, vous n’en tiendrez pas compte et vous n’écouterez pas votre corps. Nous sommes tous plus forts que les autres!…

« Il est aussi difficile de se voir soi-même que de regarder en arrière sans se retourner. » Henry David Thoreau, écrivain américain 1817-1862.

On pourrait dire que tout commence comme ça !

pour arriver plus moins rapidement dans le schéma suivant:

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Le brun-out est un épuisement professionnel, je vous laisse lire les quelques articles (parmi les nombreux que l’on peut trouver !) qui expliquent clairement la situation.
Le premier est un site suisse : Burnout-info.ch avec des rubriques clairement expliquées.
Le second, sous format pdf, est un bon papier traitant simplement le sujet et rédigé par ANACT, l’INRS et le Ministère du travail.
Les deux suivants proposent des tests simples et rapides permettant de faire un point sur soi même et de détecter les signes qui doivent alerter :

Autres articles parmi de nombreux:

Je vous partage aussi cet article paru dans Le Monde et transmis par mon ami Jean-Christophe d’urbanbike (et bien d’autres blogs, micro-blogs et réseaux!)


« Le burn-out des petits patrons.

La souffrance au travail n’est pas réservée aux salariés. Journées à rallonge, carnets de commandes en berne, paperasserie kafkaïenne… De plus en plus de chefs de PME repoussent leurs limites. Jusqu’à l’épuisement. Pour leur venir en aide, des dispositifs voient le jour.
Il est là, jeune homme souriant aux cheveux gominés, assis dans son fauteuil de patron, comme s’il ne l’avait jamais quitté. Pourtant, Clément Guiraud vient seulement de reprendre sa place, après plus de deux mois d’absence. A la tête de l’entreprise de ravalement créée par son père voilà quarante ans, à Carcassonne, il est resté vissé à son bureau ces cinq dernières années. Jusqu’à ce qu’il s’effondre. Pendant plus d’un an, il n’a rien dit. A personne. Pas même à son épouse. Jour après jour, il a sombré en silence, perdant le sommeil et dix kilos, se débattant seul avec les clients qui désertent et le chiffre d’affaires qui chute. Il était convaincu qu’il tiendrait bon. A tort. Il a fallu attendre son troisième burn-out et une dépression pour qu’il se décide à sortir du déni. S’il a réussi à redresser les comptes de l’entreprise et à préserver les vingt-neuf emplois salariés, son mariage n’a pas résisté. Ni sa santé.  » J’ai tout cassé, mon sommeil, mon équilibre, ma vie de famille…, dit le jeune patron de 33 ans, d’une voix posée, la main gauche tremblant légèrement (effet secondaire de son traitement). Il faut tout réapprendre. « 

Se pencher sur le mal-être des chefs d’entreprise ? Parler de  » souffrance patronale  » ? Un sujet longtemps tabou. Pourtant, comme lui, des centaines de chefs d’entreprise de PME et de TPE taisent leur détresse et craquent en secret. Frappés par la crise. Habités par la honte de l’échec. Ignorés par une société qui, estiment-ils, les stigmatise. Assommés par des normes  » absurdes  » imaginées par des politiques qui, jugent-ils, les confondent avec les multinationales.

Une épouse de commerçant qui trouve son mari en larmes avant de découvrir un petit mot suicidaire sur l’oreiller ; un entrepreneur du bâtiment qui ne dort pas plus de deux heures par nuit depuis six mois ; trois artisans qui, en 2014, ont mis fin à leurs jours dans le sud de la Vendée ; ce patron de 58 ans qui, début mars, s’est immolé par le feu dans la cour de son entreprise de BTP, à Vieux-Ferrette (Haut-Rhin)… Des exemples comme ceux-là, Olivier Torrès en égrène par dizaines. A 49 ans, cet enseignant-chercheur, spécialiste des PME à l’université de Montpellier, ne se sépare jamais d’un petit bout de papier jauni aux bords abîmés, qui a fini par se déchirer en deux. Cela fait huit ans qu’il conserve dans son portefeuille cette brève du quotidien régional Midi Libre résumant le suicide d’un patron de PME, poussé à bout par les difficultés financières de son entreprise.  » Le même jour, raconte le chercheur, le journal consacrait une pleine page au suicide d’un salarié du technocentre Renault de Guyancourt. Mais pourquoi l’un a droit à une page et l’autre à quelques lignes dans la rubrique fait divers ? Au nom de quoi ?  » Il a la réponse :  » Dans le monde du travail, on a longtemps estimé que la souffrance naissait de la domination. Le patron étant le dominant, il ne peut donc pas être concerné.  » Un postulat que le chercheur s’emploie depuis à démentir. En 2009, il a créé l’observatoire Amarok, spécialisé dans l’étude de la santé des dirigeants de PME. L’objectif ? Explorer cet aspect méconnu du tissu économique, qui compte pourtant plus de 3 millions d’acteurs. En France, plus de 99 % des entreprises sont des PME, selon l’Insee.

Plus de 1 000 patrons de petites et moyennes entreprises ont ainsi été auscultés à ce jour, à raison de six questionnaires par an, réalisés par téléphone, portant sur leur sommeil, leur niveau de stress, de frustration, d’angoisse, de difficultés financières… Conclusion :  » Guidés par « l’idéologie du leadership », qui ne laisse aucune place au moindre signe de faiblesse, les petits patrons en difficulté ignorent leur mal-être, sacrifient leur santé et s’isolent.  » Olivier Torrès ne compte plus les fois où il a entendu ces mots :  » Je n’ai pas le temps d’être malade « ,  » Sans moi, l’entreprise va déposer le bilan « ,  » Je n’ai pas le droit d’échouer « ,  » Je vais y arriver « . Face aux difficultés, au surendettement, à la faillite, aux licenciements et aux carnets de commandes vides, ils travaillent soixante heures par semaine, suppriment leurs loisirs, rognent sur leur vie de famille, perdent le sommeil… Jusqu’à l’épuisement professionnel.  » Chez ces entrepreneurs, le risque de burn-out tourne autour de 10 % « , évalue le président d’Amarok, qui évoque, dans le désordre, la règle des 3D : dépôt de bilan, dépression, divorce. Cette découverte l’a conduit à aller plus loin. En septembre 2015, dans le cadre de l’observatoire, il a ouvert une ligne d’écoute à destination de ces hommes et femmes en détresse.

Laure Chanselme conserve précieusement ses petites fiches cartonnées dans un tiroir fermé à clé. Il y en a une quinzaine, que personne, à part elle, n’a le droit de consulter. Psychologue du travail, c’est elle qui reçoit les appels à l’aide.  » J’essaie de rompre leur isolement, de comprendre comment ils en sont arrivés là, de leur faire admettre que la priorité c’est eux, que s’ils vont jusqu’au burn-out, cela durera quatre mois, explique la jeune femme de 30 ans. Nous réfléchissons à ce qu’ils peuvent mettre en place pour l’éviter : hiérarchiser, déléguer, faire du sport, aller voir un ostéopathe, un sophrologue, dormir…  » Elle oriente certains d’entre eux vers un thérapeute. Pour l’instant, treize antennes régionales de fédérations professionnelles (Fédération française du bâtiment, Medef, Chambre des notaires, Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment…) ont souscrit au forfait assistance proposé par l’observatoire : 750 euros pour douze heures d’écoute. Sans compter les dizaines de conférences auxquelles Olivier Torrès est désormais convié.  » Nos sociétés prônent l’entrepreneuriat comme autrefois les sergents recruteurs de l’armée vous exhortaient à vous engager, souligne-t-il. Aujourd’hui, nous sommes dans une guerre économique, mais on a oublié l’infirmerie ! Or, il y a de la casse. « 

Marc Binnié a lui aussi constaté les dégâts. Il en a vu défiler des chefs d’entreprise irascibles, incohérents, en larmes, mutiques, au bord du gouffre,  » tellement mal qu’ils étaient en réalité incapables d’exercer leurs droits « . Greffier au tribunal de commerce de Saintes (Charente-Maritime) depuis plus de vingt ans, il a décidé de créer, en septembre 2013, le dispositif Apesa (Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance psychologique aiguë).  » Quand un chef d’entreprise perd sa société, sa femme, sa maison, ça ne va pas du tout, et nous n’avions pas grand-chose à leur dire, raconte l’homme de 53 ans. Nous ne voulions plus rester étrangers à ces situations.  » Aujourd’hui, tout le personnel du tribunal – mandataires, greffiers, juges et président – est formé à la détection de la crise suicidaire et peut, à tout moment et en accord avec le chef d’entreprise, remplir une fiche d’alerte qui donne droit à cinq séances de thérapie gratuites. En 2015, à Saintes, quarante patrons ont ainsi accepté d’être aidés sur trois cents procédures (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaires). Depuis sa création, le dispositif a essaimé dans une trentaine de tribunaux de commerce en France. D’autres vont suivre.  » Je ne m’attendais pas à cet effet boule de neige, commente Marc Binnié. Mais, à un certain stade, les patrons n’ont plus aucune réticence à accepter de l’aide. Certains, même, la réclament. Le paradoxe, vu qu’ils sont au tribunal, c’est que nombre d’entre eux nous disent que pour la première fois, ils ne se sentent pas jugés. Et ils sont très contents.  » Comme s’ils échappaient à la double peine. Car certains vivent d’autant plus mal leurs difficultés entrepreneuriales qu’ils se sentent également  » incompris « , voire  » mal aimés « , par une société qui réduit souvent le monde patronal aux seules entreprises du CAC 40.

A 58 ans, Eric Froger a lui aussi fait trois burn-out. C’était en 2010, à l’époque où sa société montpelliéraine FD Conseil (trois salariés), qui publie DA Mag, un mensuel de la distribution automatique, a perdu  » beaucoup d’argent, très vite « . En bon petit soldat de la France PME qui ne s’accorde pas le droit de flancher, il a ignoré les deux premiers. Il a fini à l’hôpital, puis cloué au lit pendant deux mois. Difficile d’imaginer ce grand gaillard monté sur ressorts rester immobile plus d’une minute. Dans le bureau d’à côté, Françoise, sa compagne, cogérante depuis la création de l’entreprise, il y a dix-sept ans. Des accros du boulot ces deux-là.  » On ne décroche jamais, commente Françoise. Il n’y a rien d’autre que le travail.  » Et Candy Crush, le jeu vidéo : elle a atteint le niveau 1 116. C’est elle qui gère les comptes de la société et  » hurle  » régulièrement :  » Nous avons une nouvelle taxe ou une augmentation de taxe par jour ouvrable en moyenne.  »  » Toutes les lois sont faites pour les Vivendi, les PSA, les GDF… Pas pour nous ! peste son mari. Nous subissons les mêmes règles, les mêmes charges, les mêmes pénalités que les multinationales alors que nous sommes tout petits. Comment peut-on pondre des lois aussi éloignées de la réalité des patrons de PME et TPE ? Comment les politiques peuvent-ils être aussi déconnectés de l’entreprise ? « 

Eric Froger n’est pas le seul à fulminer. Dans les rangs du petit patronat, la colère gronde. Une cible privilégiée pour l’extrême droite. Avec la création du cercle Cardinal, chargé de prospecter les milieux patronaux, et du collectif Audace – jeunes actifs patriotes (destiné aux moins de 35 ans) -, le Rassemblement Bleu Marine met les bouchées doubles pour convertir ces dirigeants au vote frontiste. Même si le programme économique du parti de Marine Le Pen (sortie de l’euro, fermeture des frontières…) a du mal à convaincre, les dirigeants d’entreprise seraient 19 % à être séduits par le FN, selon un sondage IFOP-Fiducial publié en octobre dernier, un chiffre en hausse de sept points par rapport aux européennes de 2014. Françoise Froger a voté FN aux dernières élections régionales.  » Je ne l’aurais jamais fait du temps de Jean-Marie Le Pen, précise-t-elle. Mais je veux simplement qu’on arrête de me faire perdre mon temps avec des règles aberrantes et qu’on me laisse travailler !  » Avant d’ajouter qu’il s’agissait d’un coup de gueule et qu’à l’avenir, elle votera blanc. Comme son mari, qui boude les urnes depuis deux ans. Et comme Clément Guiraud, le jeune patron de Ravalements 2000, qui a pris le parti d’ignorer les politiques –  » trop décevants « ,  » trop frustrants  » – et d’éteindre le téléviseur –  » Les infos, c’est très mauvais pour le moral quand on est un peu fragile.  » Le projet de loi El Khomri sur la réforme du travail ? Il n’a pas suivi les débats. Il pense connaître le refrain.  » En France, on a une vision très négative des patrons, déplore-t-il. On confond les grands dirigeants des multinationales, leurs gros salaires, leurs parachutes dorés et leurs paradis fiscaux avec les patrons de PME. C’est comme si vous compariez une Ferrari à une 2 CV ! « 

Eric Froger, lui, a vu les lycéens manifester. Et ce qu’il a entendu le désespère :  » L’esprit « salauds de patrons » qui règne en France, je le vis très mal. Comme si un patron se levait le matin en se disant « Tiens, aujourd’hui, je vais me payer un salarié ! » Moi, poursuit-il sur sa lancée, j’ai mis ma maison en caution, c’est mon pognon, je mouille ma chemise. Si ma boîte flanche, je perds tout et je n’ai pas le chômage.  » Pour autant, il ne veut pas comparer son sort à celui des agriculteurs, eux aussi assommés par des normes «  aberrantes « ,  » mais qui bossent comme des malades pour 500 euros par mois « . Lui est conscient de gagner sa vie correctement : son salaire s’élève à 5 000 euros nets mensuels, soit 400 euros au-dessous du salaire moyen d’un patron de PME, selon une étude menée par l’Insee. On est loin des montants exorbitants perçus par les grands patrons, surtout si on raisonne en termes de temps de travail.  » A 45 heures par semaine, j’ai l’impression de ne rien foutre « , lance-t-il gaiement. Aujourd’hui, comme Clément Guiraud, il répond au questionnaire d’Amarok tous les deux mois et conserve précieusement son dernier rapport personnalisé fourni par l’observatoire après chaque  » consultation « , sur son bureau, à portée de main.  » J’aime bien le regarder de temps en temps, pour voir où j’en étais, dit-il, et comparer avec là où j’en suis aujourd’hui.  » Comme un garde-fou qui l’alerterait au moindre signe de récidive.
par Louise Couvelaire »


Si je résume on obtient cette suite logique :


Mais n’oubliez pas:
• ça peut arriver à chacun d’entre nous
• La plupart n’écouteront pas les alertes de leur corps (sachant que le niveau de tolérance et d’endurance est propre à chacun)
• Une fois la rupture arrivée, votre entourage (collègues, amis, famille) ne comprendra pas forcément ce qui ce passe
• il faut ensuite se reconstruire en commençant par du repos (vous pourrez dormir quasiment des journées entières, il faut bien récupérer toute cette fatigue cumulée les derniers mois voir les dernières années!)
• la coupure professionnelle doit être nette et sans concession (téléphone pro et ordinateur pro éteints)
• Pensez à vous, soyez « égoïste »
• Reprenez progressivement du plaisir dans vos activités (lecture, bricolage, jardinage, sport, photo,…)
• Ne reprenez pas votre activité professionnelle trop tôt, il faut avoir récupéré, se sentir prêt mais surtout être certain de trouver le plaisir dans le travail
• Une fois reposé, ne restez pas seul pour vous reconstruire

Illustration du Roshi TAISEN DESHIMARU

Aider les êtres humains plonger dans la souffrance.

 

Une réflexion au sujet de « Au delà du burn-out : la dépression professionnelle  »

  1. Merci ma sœur.
    Je viens de passer une semaine à dormir, pour la deuxième semaine, je ne dors que la moitié du temps! Ce qui me permets de m’occuper de moi.
    Bisous

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