Le couvent des Dominicains de Lille

Souvenez-vous de la visite des journées du patrimoine chez les Dominicains (voir le billet du moment), et bien j’y suis retourné avec des jeunes de chez les Compagnons.
Une visite organisée lors d’un mini stage ayant pour thème : »L’histoire et l’évolution des bétons ».
Deux visites durant ce stage, la première, le vendredi en fin d’après midi au futur stade de Lille ou l’on trouve du béton sous son aspect actuel mis en oeuvre avec des coffrages outils mais aussi sous forme de d’éléments préfabriqués.

La visite a eu lieu de nuit et sous la pluie, mais ça ne nous a pas arrêté moi et mon G12!
…Admiration devant la forêt de grue, pas moins de 10!

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Les crémaillères des gradins coulées « In Situ » grace à ces coffrages outils modulables.

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La charpente en préparation, le stade pourra être soit découvert soit complètement couvert grâce à sa toiture coulissante.

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Revenons au couvent des Dominicains de Lille qui était la deuxième visite, le samedi après midi. (Cette fois à l’abri!)
Conçu par l’Architecte Pierre Pinsard , assisté de Neil Hutchison pour la première tranche (1955-1957) et de Hugo Vollmar pour la deuxième (1961-1964), la construction a été réalisée par les entreprises Caroni et Rabot-Dutilleul. Ce chantier fut mené en étroite collaboration avec le frère Michel Bous, prieur de la communauté de l’époque. Je ne vais pas parler des bâtiments, j’en ai fait une rapide présentation dans le précédent billet et vous trouverez plus d’informations sur le site des Dominicains concernant le couvent et sa construction.
Cependant, un élément interpelle. Pour accéder aux étages, on empreinte un escalier en béton, paillasse brute de décoffrage, avec des marches recouvertes de terre cuite et de nez de marche en bois, équipé d’une rampe en fer. Et là, au milieu de cet escalier, partant du plafond du dernier étage et descendant jusqu’au rez de chaussé, on peut admirer un magnifique luminaire de Serge Mouille, qui éclaire chaque volée d’escalier.
Bien que n’étant plus de ce monde, (1922-1988) on peut acheter des répliques certifiées et fabriquées dans les ateliers de Serge Mouille. Elles ne sont pas à la portée de toutes les bourses, mais le savoir faire à la française a un prix!
Vous pouvez aussi tout simplement allez voir chez Jouve à Paris ils ont quelques pièces intéressantes.
Quant au livre présenté ci-dessous, vous ne le trouverez pas en librairie, il vous faudra venir à Lille visiter le couvent afin de pouvoir l’acquérir!

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La folie des hauteurs de Thierry Paquot

« Pourquoi s’obstiner à construire des tours? »
De Thierry Paquot chez Bourin éditeur

J’ai déjà présenté un de ses livres dans un billet précédent à aller voir!

La question est posée. Dans ce monde où la sauvegarde de la planète est une priorité, quand va-t-on cesser cette course à la hauteur et au prestige? Ces symboles de l’orgueil et de la surconsommation que sont les tours ont-elles leur place dans les projets actuels? Il ne s’agit pas là d’être un anti tours acharné, mais bien de regarder la réalité en face et de se poser les bonnes questions : que sera la ville demain?; quelle place pour l’Homme dans le milieu urbain? (mais aussi pour la faune et la flore); fonctionnalités, confort et qualité de vie sont-ils les vraies préoccupations des architectes et des urbanistes?
Tant de questions, et il y en a d’autres, auxquelles le philosophe de l’urbain, Thierry Paquot apporte ses réponses, ses réflexions, ses rêves et utopies.

Le monde compte 15000 tours de plus de 200 mètres. Les architectes et les ingénieurs rivalisent d’audace pour édifier la plus haute construction, et certains évoquent même la hauteur record de 1600 mètres! La tourellite aïguë touche nombre d’agglomérations urbaines, de Shanghai à Moscou, de Londres à Dubaï…
Il est grand temps de réagir. Cessons d’enfermer des milliers de citadins dans des tours de bureaux ou d’habitations. Ces prisons transparentes imposent par leur verticalité un seul mode de déplacement (le coûteux ascenseur) et des craintes innombrables. et elles font disparaître ce qui est l’âme même des villes : les rues et les places, les parvis et les jardins.
Mêlant information technique et réflexion philosophique, Thierry Paquot nous raconte l’histoire de l’ascenseur, rend visite aux architectes des premiers gratte-ciel (Le Baron Jenney, Sullivan, Hood,…) s’attarde sur la personnalité de Le Corbusier, examine les proportions pour Paris et conteste les arguments des partisans des tours qui soutiennent trois contrevérités : la tour améliore la densité, elle est écologique et favorise la mixité sociale! Il faut que la folie des hauteurs cesse! Pour bâtir mieux et non pas plus (et encore moins plus haut!) et promouvoir des quartiers à la « haute qualité existentielle ».

L’auteur souhaite réveiller en nous la logique de la construction dans le but du « mieux vivre l’urbain ». Il écrit en autre :

« Le paysage urbain se doit de rappeler en permanence à l’humain qu’il est aussi un être vivant, malgré l’artificialité bénéfique de la ville, et que son existence résonne des rythmes, pulsions, tensions, vibrations tant de son corps organique que des quatres éléments (l’air, l’eau, la terre et le feu), dont il fait journellement son miel. »

Dans sa conclusion, il fait le parallèle avec la tour de Babel, symbole fort et riche en enseignement que bien des religions, communautés et groupes utilisent dans leur parcours initiatique. Il nous rappelle ainsi que :

C’est une ziggourat (terme akkadien qui provient d’un verbe signifiant « bâtir en hauteur ») dont le nom d’E-temen-an-ki signifie la « Maison du fondement du Ciel et de la Terre ».

On retrouve à la fin du livre, comme à l’habitude de Thierry Paquot, la bibliographie commentée qui ne fait pas moins de trente pages. Les livres y sont mentionné par thème et commenté par l’auteur ce qui est beaucoup plus agréable à consulter qu’une simple liste de livres.
La folie des hauteurs : Pourquoi s’obstiner à construire des tours ?Thierry Paquot la_folie_des_hauteurs.JPG

Naissance d’un pont

De Maylis de Kerangal.

« à l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. »

Un roman dans le chantier, le quotidien des hommes et des femmes du chantier d’un pont. Des destins croisés. L’auteur passe d’un personnage à l’autre, en se mettant dans la peau de chacun. L’effet est particulièrement réussi, on retrouve l’ambiance des grands chantiers (je le dis en connaissance de cause!).
Ce prix Médicis nous tiens en haleine tout au long du récit.
A lire même si vous n’êtes pas maçon!!

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Qu’est-ce donc?!

Qu’est-ce que cela peut bien être???

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Bien sur!!…

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Voilà ce qui ce passe lorsque une toupie de béton n’a pas été vidée à temps! Quelque fois, il en reste un peu! ça part au marteau piqueur. Mais pour cette fois, elle n’a pas été vidée du tout et voilà le résultat! Pour des raisons environnementales, un tri des déchets sera effectué! Le métal découpé et le béton concassé!…

Restauration en béton

A Reims, les halles du Boulingrin sont considérées comme une verrue par les uns et comme un monument faisant parti de l’histoire de la ville, mais aussi de la construction en béton, par les autres. C’est à ces fameux « autres » à qui la municipalité a donné raison en engageant les travaux de restauration de cet édifice.

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Construit par l’architecte Emile Maigrot (1880-1961) avec la collaboration de l’ingénieur Eugène Freyssinet(1879-1962), le chantier commence en avril 1927 pour une inauguration le 26 octobre 1929. Principalement utilisées comme marché couvert, les halles ont servi aussi de lieu d’exposition. Mais pour des raisons de sécurité, le marché ferme en 1988 suite à une dégradation avancé du béton.
Le 9 janvier 1990, son classement au titre de monument historique est prononcé.
Aprés consultation des entreprises de janvier 2009 à janvier 2010, les travaux commencent en février 2010 et vont se prolonger jusqu’en février 2012.

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Le projet de restauration va plus loin que l’entretien de la structure, il doit donner une nouvelle vie à ce bâtiment.

Ce chantier de restauration va servir de référence pour les chantiers à venir de restauration du patrimoine en béton. Il est piloté par L. Phulpin de l’entreprise Lefèvre et suivi par le LRMH (laboratoire de recherche des monuments historiques), entité du ministère de la culture.
Il sera intéressant de suivre l’évolution du chantier en collaboration avec le LRMH et l’entreprise Lefèvre (ce que je vais m’employer à faire!), pour prendre connaissance des différents diagnostiques et analyses faits sur place mais aussi des phénomènes chimiques permettant la restauration des bétons.
Je compte vous donner régulièrement des informations sur l’avancée du chantier et sur les solutions techniques apportées.

Quelques infos complémentaires:
Entretien avec M. Adeline Hazan Maire de Reims
Journal télévisé Reportage sur FR3